| Conservation ex situ
Les zoos disposent de deux niveaux différents
de programmes d'élevage :
- EEP : Programmes Européens pour les Espèces
menacées
- ESB : Studbook Européen.
Il s'agit d'un programme créé pour la sauvegarde
d'une espèce animale. Ces programmes initient, surveillent
et donnent des conseils pour favoriser l'élevage d'une
espèce menacée en lui conservant ses caractéristiques
naturelles, le but final étant une éventuelle
réintroduction dans la nature ou un renforcement de
la population sauvage par l'adjonction de spécimens
élevés en parcs zoologiques
L'EEP gère tous les spécimens présents
dans les Zoos Européens. Un coordinateur d'espèce
est élu. Sa tâche est de recenser tous les individus
et de créer un Studbook, registre contenant ascendance
et descendance de chaque animal, ainsi que toute information
complémentaire nécessaire à la gestion
et à la reproduction de l'espèce. Il réalise
des analyses génétiques et démographiques
et établit également les recommandations d'élevage,
de gestion et de recherche, aidé en cela par la commission
d'espèces (3 à 15 membres élus, choisis
parmi les zoos participants). Les Zoos échangent les
jeunes individus, afin d'éviter les problèmes
de consanguinité, stoppent l'élevage des animaux
trop consanguins ou au contraire améliorent la reproduction
d'une population donnée.
Les ESB :
Il s'agit de la mise en place du Studbook européen.
Le coordinateur de ce Studbook, responsable d'un ESB donné,
rassemble toutes les informations concernant l'espèce
dont il s'est chargé (naissances, morts, transferts,etc.)
à travers tous les zoos européens. Ces données
sont rentrées dans un programme informatique spécial
qui lui permet d'effectuer des analyses de la population.
A l'appui des résultats de ces analyses, le coordinateur
peut émettre des avis quand aux transferts opportuns
à effectuer entre différents zoos. En rassemblant
et analysant toutes ces données, le responsable du
studbook se rend compte de la façon dont évolue
la population de l'espèce en Europe et peut proposer
de transformer le programme en EEP si le besoin s 'en fait
sentir.
LA
RECHERCHE EN PARC ZOOLOGIQUE
Outre les objectifs d'éducation du public et de conservation
de la faune sauvage les parcs zoologiques ont aussi pour ambition
de participer activement à des projets de recherche.
Les animaux présentés au public sont autant
d'opportunités d'études et de réflexions.
Si la façon de maintenir ces animaux en captivité,
le régime alimentaire proposé, la structure
sociale mise en place, s'inspire des observations faites sur
le terrain la réciproque est également vrai.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les informations
sur la biologie en milieu sauvage de certaines espèces
présentées sont rares quand elles ne sont pas
inexistantes et c'est la possibilité de les observer
en milieu contrôlé qui permet d'améliorer
notre connaissances de ces espèces sauvages. Bien sur
les différences sont nombreuses entre le modèle
captif et le modèle sauvage et l'extrapolation de l'un
à l'autre est loin d'être automatique. Néanmoins
la recherche conduite en parc zoologique peut avoir des répercussions
importantes sur les populations sauvages. Ainsi, alors que
les dernières populations de lycaons (Lycaon pictus)
étaient menacées par la Maladie de Carré
il a été observé que l'utilisation des
vaccins pour les animaux domestiques provoquait chez eux d'importants
effets secondaires. La recherche d'un nouveau vaccin qui soit
à la fois inoffensif et protecteur a été
menée grâce aux populations de Lycaons présents
dans les parcs zoologiques.
L'amélioration constante des conditions de la captivité
réalisées ces dernières années
implique une activité de recherche non négligeable.
La recherche génétique par exemple a permis
d'identifier précisément les espèces
et sous espèces présentes en captivité
ainsi que les lignées les plus représentées
afin de garantir la diversité génétique
des populations captives. On pourrait citer également
les efforts entrepris pour identifier les pathologies spécifiques
développées par certaines espèces comme
le rhinocéros noir (Diceros bicornis) ou encore la
mise au point de techniques contraceptives adaptées.
Les efforts de recherche engendrés par le maintien
en captivité des espèces sauvages sont organisés
et entrepris dans certains cas à l'échelon européen.
Les programmes d'élevages européens (EEP) permettent
de collecter les données, identifier les besoins spécifiques
de certaines espèces et de susciter des efforts de
recherche destinés à y répondre.
Enfin, les parcs zoologiques peuvent être amenés
à participer à des projets de recherche qui
ne concernent pas directement les animaux sauvages ou captifs.
Ainsi récemment des prélèvements sanguins
réalisés sur des chimpanzés ont été
envoyé à l'Institut Pasteur dans le cadre de
la recherche sur le développement d'un vaccin contre
le paludisme.
La recherche en parc zoologique a donc de nombreux visages
et de nombreuses répercussions. Les efforts entrepris
dans ce domaine doivent encore être augmenté
pour faire jeu égal avec les efforts de conservation
et d'éducation. |